Après le retour de la fabrication des Mac Pro aux États-Unis, des annonces d’embauche laissent penser que certaines pièces de l’iPhone pourraient elles aussi être élaborées sur le territoire américain.

iPhone drapeau américain

Apple est fier de graver « made in USA » à l’arrière de ses Mac Pro. Mais Cupertino n’a peut-être pas fini de rapatrier aux Etats-Unis certaines de ses activités historiquement assurées par la Chine. On sait depuis quelques mois qu’un accord entre Apple et GT Advanced Technologies Inc. permet la fabrication de pièces de saphir destinées à équiper le capteur photo des iPhone/iPod Touch ainsi que la surface du Touch ID. Mais des annonces d’embauche semblent prouver que l’usine de Mesa (Arizona), censée être en charge de ces pièces en saphir, pourrait avoir d’autres missions.

Ingénieurs qualité, ingénieurs finition,  spécialistes du verre… voilà un peu les profils recherchés. 700 personnes doivent être recrutées. Mais les Américains ne doivent pas pour autant rêver. Il y a très peu de chance que l’assemblage des iPhone prenne un jour pied aux États-Unis. Et même si certains process devaient faire leur « retour » au pays de l’Oncle Sam, les créations d’emplois seraient très limitées.

L'usine de Mesa en Arizona...

L’usine de Mesa en Arizona…

Si les iPhone et iPad sont fabriqués en Asie, ce n’est pas que pour des raisons de coûts de production. Selon Alex Hillsberg de Finances Online, en délocalisant la fabrication et l’assemblage d’un iPhone en Chine, les économies réalisées sur les coûts de production ne se monteraient qu’à 2 ou 3 dollars par unité… Les avantages de la Chine sont ailleurs : dans sa capacité à mettre sur pied des unités de production gigantesques en un temps record. Selon le New York Times, il faut 8 700 ingénieurs pour superviser le travail de 200 000 ouvriers concentrés sur la fabrication d’iBidules. Pour créer ces conditions de travail, il faut 9 mois aux États-Unis. En Chine, il faut… 15 jours ! Avant un lancement de produit, Foxconn est capable de recruter 3 000 ouvriers du jour au lendemain ! Une mission impossible aux USA, surtout si en plus il faut convaincre tout ce monde de dormir dans des dortoirs… affirme Jennifer Rigoni, ancienne responsable de la chaîne d’approvisionnement chez Apple. Autre écueil : la qualification de la main d’œuvre. Depuis 30 ans, les géants chinois (Foxconn, Pegatron…) ont acquis un savoir-faire manuel qui a totalement disparu des pays occidentaux.

Embauche chez Foxconn : les ouvriers arrivent par centaines...

Embauche chez Foxconn : les ouvriers arrivent par centaines…

Apple pourrait pourtant envisager l’assemblage des ses iPhone et iPad aux Etats-Unis. Ce qui a été mis en place autours des Mac Pro est riche d’enseignement. Si son assemblage a été possible sur le sol américain, c’est au prix de lourds investissements… dans la robotique. Les robots vont peu à peu remplacer les hommes, que ce soit en Chine ou ailleurs. Dans les usines d’Apple aux États-Unis, c’est déjà l’arme « anti coûteuse masse salariale »… D’autre part, l’expérience « made in USA » d’Apple est pour l’instant tentée sur un marché très particulier : le Mac Pro est une machine qui ne se vendra pas à des dizaines de millions d’exemplaires. Son rythme de production gardera une échelle « humaine ». Enfin, la machine professionnelle à la Pomme affiche un tarif situé entre 3 000 et 10 000 euros. Un positionnement qui autorise Cupertino à éventuellement rogner sur ses marges.

Pour découvrir l’usine de fabrication des Mac Pro, jetez un oeil sur cette vidéo diffusée par Apple. La robotique y est sublimée et ce n’est pas pour rien…