Coup de tonnerre dans l’univers de la messagerie mobile ! À la surprise générale, Mark Zuckerberg annonce avoir acquis WhatsApp pour 19 milliards de dollars !

Mark Zuckerberg et logo Facebook

Le deal s’est fait il y a 11 jours selon Mark Zuckerberg, fondateur et CEO de Facebook. L’homme s’est mis d’accord avec son ami Jan Koum, pour sa part co-fondateur et CEO de WhatsApp. Pour 16 milliards de dollars, Facebook acquiert donc WhatsApp, la « petite » application de messagerie qui cartonne auprès des jeunes. 4 milliards en cash et 12 milliards en actions FB. Voilà comment la note est répartie. 3 milliards de dollars supplémentaires viendront enrichir les ingénieurs de WhatsApp sous forme de stock-options… Soit 19 milliards de dollars (13,8 milliards d’euros) pour une société qui ne fait aucun bénéfice… Une folie ?

 

Que vaut WhatsApp ?

Mark Zuckerberg est égal à lui-même lors de la conférence de presse qui suit son annonce : calme… dénué de toute forme d’émotion. Il annonce pourtant avoir dépensé 19 milliards de dollars pour s’acheter WhatsApp, une application certes en pleine explosion mais qui est loin de valoir cette somme. Jugez vous-même : 50 salariés et une seule application au compteur ! Son prix ? Gratuite la première année et 0,99 dollars (0,72 euros) par an les années suivantes. On est loin de la cash-machine ! La société avait réussi à lever 8 millions de dollars pour développer son activité… Pourtant, WhatsApp a un potentiel gigantesque et c’est sans doute cela que Facebook s’est offert.

Whatsapp interface iOS Android

WhatsApp, une application simple et trans-plateforme…

450 millions d’utilisateurs actifs chaque mois. Un cheptel deux fois supérieur à celui de Twitter ! Avec 19 milliards de messages envoyés quotidiennement et 34 milliards reçus dans le même laps de temps, WhatsApp (lancée en 2009) est un succès fulgurant. Qu’est-ce que ses membres en font ? Ils échangent des messages, pas plus. WhatsApp permet d’échanger textes, photos, vidéos et notes audios sans distinction de plateforme (iOS, Android) en passant par le réseau téléphonique (Edge, 3G, 4G) ou Internet (Wifi). Et tout cela sans frais puisqu’il s’agit de données data comprises dans les abonnements éligibles à ce genre d’activité. Les échanges peuvent se faire à l’international, c’est toujours gratuit. Les forces de WhatsApp sont aussi dans sa simplicité d’utilisation et dans la possibilité de lancer des discussions de groupe. Voilà pour les fonctions de l’application. Elle vient donc en concurrence du SMS mais aussi de solutions concurrentes comme Viber, BBM, Facebook Messenger ou encore iMessage. Viber vient d’être racheté par Rakuten pour 900 millions de dollars, iMessage est réservé à iOS et Facebook Messenger a du mal à recruter surtout dans certaines zones du globe… là où WhatsApp cartonne.

Objectif : devenir 100 % mobile

Europe, Asie, Afrique… WhatsApp, avec son modèle freemium, fait très fort dans ces régions. Une aubaine pour Facebook qui peine depuis quelques mois à faire grossir ses rangs : le Japon, l’Indonésie et la Chine lui résistent notamment.  Le second milliard de membres ne pourra être rapidement atteint qu’à travers des achats ciblés. Mark Zuckerberg a bien tenté de mettre la main sur SnapChat pour 4 milliards de dollars mais en vain. Quant à Instagram, l’application est désormais propriété de Facebook qui a déboursé 1 milliard de dollars. Facebook est en train de négocier le virage de l’Internet mobile à sa manière. Une manière que certains qualifieront de risquée et coûteuse mais qui a le mérite d’exister alors que certains géants du secteurs sont aujourd’hui confrontés aux conséquences de leur inertie du passé : Microsoft et Nokia pour n’en citer que deux…

Acquérir WhatsApp, c’est prendre le contrôle d’une solution adoptée par des millions de personnes qui n’ont que l’internet mobile pour communiquer. Un vrai vivier pour un Facebook à la recherche de membres mobiles. 300 millions de membres seulement utilisent Facebook dans sa version mobile (smartphone et tablette). Il y a urgence : cela représente moins de 25 % des utilisateurs de Facebook alors qu’on le sait, l’avenir du Web est mobile. WhatsApp pour sa part, attire 1 million de nouveaux membres chaque jour dans le monde entier ! A ce rythme, WhatsApp offrira le second milliard de têtes à Facebook… dans l’année ! Un second milliard bien différent du premier. Facebook a du mal à se faire une place en Chine alors que WhatsApp connait bien ce marché pour lequel il affronte le très puissant WeChatFB mobile touche 26,3 % de la population américaine… Zuckerberg rêve d’un tel score en Chine ou en Inde. WhatsApp pourrait être une aide précieuse.

Evolution de Facebook dans le monde

On voit bien sur ce shéma que l’avenir de Facebook se trouve en dehors des États-Unis…

Les utilisateurs de WhatsApp deviendront-ils membres de Facebook ? Non. Avant tout, il faut retenir que WhatsApp gardera son indépendance tout comme Instagram. D’autre part, les membres de WhatsApp ne seront pas nécessairement attirés par Facebook. Pourtant, l’acquisition de ce « bijou social » aura une grande utilité : elle permettra à Zuckerberg de mieux comprendre les comportements, les usages, les désirs et les besoins en débit de ses utilisateurs… partout où Facebook trouvera ses prochains membres. Maîtriser une application qui cartonne dans le monde, c’est aussi mieux comprendre comment et pourquoi telle ou telle région planétaire développe son appétit d’échange plus vite que les autres. Une intelligence très précieuse qui se mettra au service d’une monétisation toujours plus efficiente de l’éco-système Facebook.

Enfant asiatique avec iPhone

L’Asie, le Moyen Orient et l’Afrique sont les prochains viviers de Facebook. WhatsApp y est déjà implanté…

Un tarif très élevé

Les promesses de WhatsApp ont beau être intéressantes, le prix du deal est élevé. C’est d’ailleurs l’opération la plus chère de Facebook… et de la Silicon Valley ! Microsoft a bien acquis Skype pour 8,5 milliards de dollars ou encore la branche mobile de Nokia pour 7,2 milliards. Google a déboursé 12,5 milliards de dollars pour s’offrir Motorola en 2011… une somme déjà astronomique désormais dépassée par le dernier coup de Zuckerberg : 19 milliards de dollars ! Toutes les dépenses citées sont difficiles à amortir, ce n’est pas Google qui le niera… Ces chiffres font aussi planer sur la Silicon Valley le retour d’une bulle redoutée par les investisseurs. L’opération de Facebook, rendue publique après la fermeture des marchés, a tout de même eu son petit effet en after hour : le titre perdait 2% alors qu’il atteint près de 30% hausse depuis un mois…

Alors, chère ou pas chère, cette transaction ? Zuckerberg l’affirme, Facebook a encore besoin de grossir avant de pouvoir gagner beaucoup d’argent. Pour Zuck, grossir signifie doubler le nombre de ses membres. Ce n’est pas une moindre mission quand on compte déjà 1,3 milliards d’adeptes. Les 19 milliards déboursés devraient aider le réseau social à trouver ce milliard de nouveaux inscrits. Reste désormais à monétiser l’ensemble. Un challenge sans doute à la portée des génies de la Silicon Valley…