Les résultats financiers du second trimestre fiscal d’Apple ont laissé entrevoir une chute des ventes de l’iPad. Pour endiguer ce mouvement à la baisse, Apple doit-elle rapprocher l’iPad d’un MacBook ?

IPad_Mini-noir

 

Avec 16,3 millions de tablettes commercialisées entre janvier et mars 2014, Apple déçoit ! L’année dernière à la même période, ce chiffre atteignait 19,5 millions… Pire, au second trimestre 2013, les ventes d’iPad connaissaient une hausse de 55% par rapport au second trimestre 2012 ! En 2013 certes, l’iPad Mini, sorti en novembre 2012, explosait les ventes. Mais en 2014, l’iPad Air (sorti en novembre 2013) est venu renouveler la gamme… La baisse des ventes vient donc d’ailleurs…

Lors de sa sortie en 2010, l’iPad a véritablement fait sensation. Sa simplicité de prise en main, sa portabilité, ses milliers d’applications adaptées à son écran ont vite fait de convaincre des dizaines de millions de consommateurs. Des consommateurs d’autant plus heureux que l’appareil a anticipé des usages qui ont depuis explosé : Les réseaux sociaux, le casual gaming, la vidéo-conférence ou encore le commerce en ligne se pratiquent désormais affalé dans le canapé… Le vieux PC de la maison peut attendre ! Résultat : tout le monde s’y est mis. Enfants (même très jeunes), adultes, seniors,… animaux.

Enfant avec iPad

La concurrence a mis plusieurs années à trouver la parade mais c’est désormais acté. Pour bien moins cher, la galaxie Android taille désormais des croupières à un iPad au tarif prémium. Malgré un AppStore sans équivalent et une qualité de finition exceptionnelle, l’iPad souffre terriblement de la concurrence. La tablette griffée d’une Pomme est toujours leader mondial en terme de parts de marché en s’offrant 36% de PDM contre 19% pour Samsung ou 5,9% pour ASUS, 3ème plus gros vendeur mondial en 2013 selon Gartner. Mais si ces 2 derniers constructeurs connaissent une forte ascension de leurs ventes en parallèle d’un marché de la tablette explosif (+68% en 2013 selon Gartner), les courbes d’Apple au contraire font grise mine. Sa part de marché est passée de 52,8% en 2012 à… 36% en 2013 ! Quant aux volumes, ils sont passés de 60,4 millions en 2012 à 70,4 millions en 2013 (+16%) pendant que Samsung quadruplait ses ventes et qu’ASUS les doublait… En ce début 2014, patatras ! On ne parle plus de faible hausse… mais de baisse !

L’iPad répond-il encore à la demande ? Si on se réfère au secteur qui tire le marché à savoir la tablette bon marché, la réponse est non. A 400 euros le ticket d’entrée, l’iPad est bien trop cher ! Si on se réfère aux marchés visés par Apple à savoir celui de l’éducation, des entreprises, des catégories socio-professionnelles supérieures, la vraie question est : pour continuer à plaire, l’iPad doit-il évoluer pour rapprocher ses fonctions de celles d’un Mac ?

iPad au bureau

Certains diront qu’on peut déjà travailler avec un iPad. D’autres clameront le contraire. L’existences d’applications professionnelles ou l’arrivée d’Office iOS jouent en faveur des premiers tout comme l’existence de claviers bluetooth, de disques durs externes dédiés et autres accessoires « Pro » spécialement étudiés pour une productivité accrue. Pourtant, il manque à l’iPad tout ce qui permet de créer et gérer un projet professionnel depuis un appareil informatique ! Pas de Finder pour gérer des fichiers et dossiers, pas de multi-tâches sur un écran pour faciliter le copier-coller par exemple. Bref, impossible de réunir au même endroit un PDF, des photos, une présentation, un document texte et une vidéo nécessaires à la bonne conduite d’un projet digne de ce nom…

Ce type de tâche est cependant accessible depuis l’iPad. Mais il faut pour cela s’en remettre au Cloud ! Gmail ou DropBox font parfaitement office de Finder. Et c’est là que tout se complique ! Une appli externe, le Cloud, de la synchronisation,… Tout ça est bien loin de ce qui a fait le succès de l’iPad : la simplicité ! Le Cloud, c’est l’avenir ! Qu’on se le dise ! Restent les problèmes du gestionnaire de fichiers/dossiers et du multi-tâches. iCloud ne joue pas du tout le rôle de Finder mais pourrait le faire et offrir à chacun les avantages de DropBox à travers une solution native et donc…simple. Dernier écueil : le volume de stockage. En imaginant que les réseaux continuent de s’améliorer (4G+, Fibre,…), les volumes nécessaires au stockage des données ne cessent d’augmenter… Pour un tarif proprement scandaleux, Apple sait déjà stocker de gros volumes de données sur iCloud. Pour un rapprochement des fonctions d’un Mac, l’iPad doit être associé à un iCloud bon marché ! Impossible crieront les pourfendeurs d’un Apple parfois mesquin… Ceux-là auront oublié que Cupertino a été capable de renoncer aux 99 dollars annuels de MobileMe ! Tout reste donc possible…

iCloud

Un Finder et une tarification honnête ne seraient pas de refus sur iCloud…

Quelle que soit la solution choisie, rapprocher l’iPad d’une machine de bureau est loin d’être simple ! Microsoft a cru que la réunion des qualités d’une tablettes et celles d’un PC au sein d’un produit hybride serait la clé du succès… La Surface est un échec ! L’iPad représente tout de même 20% du chiffre d’affaires d’Apple. L’enjeu pour la Pomme est donc bien plus important que pour Microsoft qui n’avait aucune base utilisateurs susceptible de lui faire défaut…