La face interne de l’Apple Watch cache des capteurs dont l’intérêt parait limité aux sportifs curieux de connaitre leur rythme cardiaque en plein effort. Pourtant, le cardio-fréquencemètre de la montre présente un potentiel susceptible de sauver des milliers de vies chaque année.

Les capteurs sur Apple Watch

Depuis sa sortie le 24 avril dernier, l’Apple Watch est passée entre les mains de nombreux testeurs. Force est de constater que ses qualités sportives ont été particulièrement soignées par Apple. Parmi les fonctions dédiées aux athlètes, on retrouve notamment un cardio-fréquencemètre dont les fonctions sont assurées par les capteurs inférieurs de la montre. Comparées à celles de matériels plus techniques (Garmin, Suunto, Polar, Mio Alpha,…) les performances de l’Apple Watch se révèlent impressionnantes de précision quand il s’agit de relever le rythme cardiaque de son porteur.

relevés cardiaques comparés des Mio Alpha et Apple Watch

Le développeur Brad Larson compare les relevés cardiaques de l’Apple Watch à ceux d’un Mio Alpha

En d’autres mots, chaque propriétaire d’Apple Watch dispose en permanence d’un électro-cardiogramme en temps réel automatiquement mis à jour toutes les 5 secondes, que la personne fasse du sport ou pas. Cet état de fait est d’autant plus intéressant que d’une part, Apple s’intéresse de très près à la santé et d’autre part, un oxymètre (détection du taux d’O2 disponible dans le sang) est bien intégré à la montre malgré son actuelle mise en sommeil.

Avec quelques mises à jour logicielles, l’Apple Watch pourrait ainsi être capable de détecter une arythmie cardiaque ou une carence en oxygène qui peuvent être le signe d’un infarctus en cours ou à venir. Et si on intégrait à la montre quelques milliers de courbes cardiaques mutualisées et analysées à travers le programme de recherche que Tim Cook a présenté autours de ResearchKit, l’Apple Watch serait même capable de détecter un infarctus du myocarde ou un AVC plusieurs jours à l’avance !

Si la précision des électro-cardiogrammes générés par l’Apple Watch transforme l’appareil en « détecteur de crise cardiaque », Apple n’est officiellement pas autorisée à utiliser ses données brutes en « conseils médicaux ». Ce type d’autorisation est, aux Etats-Unis du moins, transmis par la FDA (Food and Drug Administration), un organisme d’Etat qui un jour fera de l’Apple Watch un accessoire médical.

On ignore pourquoi la version 1 de l’Apple Watch n’exploite pas davantage son potentiel « sanitaire ». Mais ce n’est peut-être qu’une question de temps. Et comme l’iPad a fini par remplacer les manuels de vol des pilotes de ligne, dans quelques années, l’Apple Watch préviendra son propriétaire quand un infarctus à venir aura été détecté. Elle appellera sans doute aussi les secours quand l’urgence de la situation l’aura exigé.