Avec les cinq premières applications dédiées à la recherche scientifique, Apple semble répondre à un problème récurent des chercheurs : le recrutement de volontaires.

Les 1ers pôles de recherches participant au programme ResearchKit

Le lundi 9 mars 2015, Tim Cook dévoilait un vaste programme dédié à la recherche scientifique. Grâce à un ensemble d’outils réunis autours de ResearchKit, les Universités et centres de recherche vont pouvoir proposer aux propriétaires d’iPhone de participer à tout type d’études médicales en se contentant d’interagir avec l’écran de leur appareil. Cinq applications font déjà partie du projet. Dédiées à la recherche sur les maladies cardiovasculaires, l’asthme le diabète ou encore la maladie de Parkinson, elles fonctionnent toutes en partenariat avec un grand centre de recherche américain.

ResearchKit semble faire mouche ! L’université de Standford déclare ainsi avoir recruté 10 000 volontaires dans la nuit qui a suivi le lancement de ResearchKit ! Un score très encourageant qui devrait réjouir la communauté scientifique.

Un panel biaisé ?

Si Apple a bien commercialisé plusieurs centaines de millions d’iPhone compatibles avec ResearchKit, ces appareils sont entre les mains de personnes correspondant à un certain profil surtout si l’on considère le prix élevé de l’appareil. Certes, de nombreux clients de la Pomme, loin d’être fortunés, se sacrifient pour posséder un iPhone à plus de 500 euros. Mais une bonne part des iPhone users fait partie de ce qu’on appelle les CSP+, une catégorie de personnes aisées qui ne correspondent pas nécessairement à la variété des profils indispensables à une expérimentation dite scientifique.

Médecin parle à patiente - ResearchKit

 

ResearchKit ne devrait donc pas résoudre complètement le problème de recrutement. Les universitaires et médecins devront continuer à interroger, rencontrer et longuement discuter avec des volontaires potentiels pour savoir s’ils ont le profil correspondant parfaitement au protocole de leurs recherches en cours.

Les plus sceptiques, quant à eux, remettent déjà en cause un énorme volume de données non maîtrisé capable de brouiller les résultats d’une recherche encadrée « à l’ancienne ».

Des données sensibles dans la nature ?

Si ResearchKit connait un large succès, les données récoltées se compteront rapidement en Tera octets. Ces données au caractère personnel et sensible incarneront alors un nouveau risque pour les volontaires. Apple garantit qu’elle n’a pas accès aux données transférées. Des données qui, de toute façon, sont anonymisées avant-même d’être traitées par le centre qui les analysera. Cette double-sécurité n’annihile cependant pas totalement le risque de vol de données. Les Stanford University, Oxford University et autre Weill Cornell Médical College sont-ils capables de sécuriser leurs données comme le font par exemple les banques et places financières depuis plusieurs années ?

Et la France dans tout ça ?

Les premiers partenaires de ResearchKit sont naturellement américains. On aurait aimé qu’un grand centre de recherches français soit associé au projet dès le départ. Ce n’est pas le cas. Soit ! Il faut maintenant espérer qu’aucune barrière ou archaïsme administratif ne vienne priver nos universités et hôpitaux de cette manne d’informations. Des informations qui ont leurs défauts certes mais qui ont le mérite d’attirer une nouvelle population vers la recherche scientifique.