C’est en marge de la très attendue présentation de l’Apple Watch que Jeff Williams (SVP des Opérations) a dévoilé le lancement d’un outil, ResearchKit, qui doit permettre à tout propriétaire d’iPhone de participer à la recherche médicale.

Médecin parle à patiente - ResearchKit

 

C’est très fier du projet que Jeff Williams a présenté hier soir ResearchKit, un outil de développement consacré à la recherche scientifique. Avec ce framework spécifique, un nouveau type d’applications va voir le jour. Des applications qui vont permettre à tout propriétaire d’iPhone de participer à la recherche scientifique.

Concrètement, qu’il s’agisse de recherche sur le diabète, le cancer du sein ou la maladie de Parkinson, chaque application développées dans le cadre de ResearchKit permet aux utilisateur d’iPhone de participer à des tests scientifiques à distance et de transférer automatiquement les données générées aux universités et centres hospitaliers partenaires.

Un test pourra consister à bouger ses doigts le plus rapidement possible sur l’écran du smartphone, mesurer son rythme cardiaque ou encore marcher quelques mètres à un rythme soutenu. Une fois l’exercice terminé, les données sont automatiquement transférées dans une base de données à laquelle les chercheurs autorisés ont accès. De grandes universités et de prestigieux centres de recherche sont déjà partenaires d’Apple.

Les 1ers pôles de recherches participant au programme ResearchKit

ResearchKit ne sera disponible qu’en avril mais 5 applications (ci-dessus) sont déjà téléchargeables sur l’AppStore. Pour venir en aide aux chercheurs, il suffira de télécharger l’une de ces applications et de réaliser les tests qu’elles intègrent. Les utilisateurs restent libres de choisir quelles types de données ils sont prêts à partager et à quel type de recherches ils sont prêts à participer.

Mâtiné d’humanisme, le projet est beau. D’une certaine manière, il rappelle les dispositifs comme celui de Folding@Home qui mutualisent la puissance processeur de milliers de machines connectées au service de la recherche scientifique. Le principe de calcul réparti a aussi été exploité par HTC avec le programme HTC Power To Give qui met cette fois la puissance de calcul des smartphones et tablettes de la marque au service de la recherche sur le cancer, le sida ou la  maladie d’Alzheimer.

Avec ResearchKit, la puissance processeur est remplacée par les données personnelles. Celles-ci sont mutualisées au service de la recherche. Le projet pourrait s’avérer extrêmement utile pour l’avancée de travaux demandant de très nombreuses données à croiser. Il devrait également faciliter le recrutement de volontaires qui ne sont jamais assez nombreux. Mais l’ensemble pose à nouveau le problème des données personnelles.

Jeff Williams présente ResearchKit

Les informations transmises par les volontaires se compteront a terme en terabit. Des milliards de données personnelles qui seront stockées et accessibles par les partenaires  du projet. Au cours de la Keynote, il a été garanti qu’Apple n’aurait pas accès à ces données. Mais celles-ci vont tout de même circuler dans des conditions qui restent inconnues. Même anonymisées, ces informations personnelles resteront des données sensibles traitées dans le cadre d’un projet Open Source qui laisse planer un risque sur l’usage qu’un acteur (institution, entreprise, Etat,..) mal-intentionné peut en faire. D’ici avril, Apple aura sans doute encore un peu de travail d’évangélisation à faire pour nous convaincre que même en cas de couac, nous n’avons rien à craindre de ResearchKit.