Dans un communiqué de presse commun, les Commission et Union européennes félicitent Google et remettent en cause Apple quant à la transparence des applications intégrant des achats in-app.

applications dans Appstore

L’avertissement…

Remontée contre le manque de transparence des Store proposant des applications faussement gratuites, la Commission européenne tient à ce que les deux géants, Apple et Google, soient exemplaires dans le domaine du freemium, un marché en pleine explosion. Reposant sur la gratuité d’une application, ce dispositif réussit néanmoins à générer un énorme chiffre d’affaires grâce à l’intégration d’options payantes qui, selon la Commission européenne, trompent les jeunes consommateurs… et leurs parents :

« Il est évident que le bon modèle économique ne consiste pas à induire le consommateur en erreur, ce qui du reste est aussi contraire à l’esprit du droit européen sur la protection des consommateurs (…) Les consommateurs et, plus particulièrement les enfants, doivent être mieux protégés contre les dépenses indues liées à des achats d’applications en cours d’utilisation » ont déclaré début 2014 Viviane Reding (VP de la Commission en charge de la justice) et Neven Mimica, chargé de la politique des consommateurs. »

C’est ainsi que la Commission européenne s’était fendue d’une liste d’exigences que tous les acteurs du secteur sont encouragés à respecter sous peine de recours  qui pourraient leur coûter cher…

  • les jeux annoncés comme « gratuits » ne devraient pas induire le consommateur en erreur quant aux coûts réels impliqués
  • les jeux ne devraient pas encourager directement les enfants à acheter des applications intégrées dans un jeu ou persuader un adulte d’en acheter pour eux
  • les consommateurs devraient être dûment informés des modalités de paiement et les achats ne devraient pas être débités au travers de paramètres par défaut sans le consentement exprès des consommateurs
  • les sites de vente devraient indiquer une adresse de courriel pour que les consommateurs puissent les contacter s’ils veulent poser une question ou se plaindre

Google Vs Apple…

Apple a déjà modifié les règles d’affichage de son AppStore. Désormais, une application intégrant des achats intégrés y est notifiée comme telle. Cette « notification » est assez discrète et on comprend que cela ne suffise pas à convaincre l’autorité européenne qui se montre plus sensible à la bonne volonté de Google. Le géant de Mountain View s’est en effet engagé à faire disparaitre le terme « gratuit » lorsqu’une application, gratuite au téléchargement, intègre des achats in-app. Le terme « Installer » remplace alors l’habituel « Acheter ». Sur le Google Play, un avertissement prévient en outre de la présence d’achats intégrés. Le message n’est pas moins discret que sur l’AppStore d’Apple mais Google complète ses fiches par une adresse mail qui permet de contacter le développeur de l’application. Bien pratique en cas de malentendu important… Google s’est également engagé à imposer par défaut une confirmation systématique du code en cas d’achat, intégré ou pas…

Sur Google Play, le bouton Installer s’est substitué à celui de Gratuit quand des achats intégrés sont proposés dans l’application présentée

Evernote sur Google Play

Les sécurités d’Apple…

Apple, pour sa part, a bien commencé à modifier les règles qui régissent son AppStore. Comme dit plus haut, la présence d’achats in-app est désormais précisée pour chaque application même si l’avertissement, comme sur le Google Play, mériterait un peu plus de visibilité. L’iPhone exige également un code pour tout achat, in-app ou pas, mais le réglage par défaut laisse 15 minutes de liberté après un achat payant réalisé avec l’entrée du code de sécurité. 15 minutes qui peuvent permettre à un enfant de réaliser une infinité de micro-achats intégrés sans qu’aucune demande de code ne soit notifiée. Les réglages de l’iPhone autorisent néanmoins de revenir sur cette « autorisation » de façon plus ou moins restrictive.

Sur l’AppStore, la présence d’achats in-app est discrètement indiquée sous le logo de l’application. Bon point pour Apple : le détail des achats optionnels est clairement listé

Mention achat in app sur iTunes

Pour interdire tout achat intégré : aller dans Réglages > Général > Restrictions. Entrer le code de déverrouillage et positionner le bouton Achats intégrés sur Off

Pour que tout achat exige systématiquement le code du compte iTunes : aller dans Réglages > Général > Restrictions. Entrer le code de déverrouillage et descendre jusqu’à la ligne Exiger le mot de passe. Une tape sur cette ligne donne l’accès à deux options : 15 min, sélectionnée par défaut, ouvre un délai équivalent qui, après un achat autorisé par code, laisse tout achat libre de confirmation. L’option immédiatement en revanche, contraint chaque achat à l’entrée du code itunes.

Pour interdire des familles de contenus : aller dans Réglages > Général > Restrictions. Entrer le code de déverrouillage et descendre jusqu’à la section Contenu autorisé. Pour chaque famille de contenu (films, Apps, livres,…), plusieurs options peuvent restreindre les achats. Dans la section Apps par exemple, les applications déconseillées aux moins de 4, 9, 12 ou 17 ans peuvent être interdites…

Les précisions de Cupertino…

La Commission européenne ayant mis Apple en cause à travers un cinglant « [Apple a bien] proposé de se pencher sur la question mais n’a, malheureusement, proposé aucune solution concrète immédiate à ce jour pour traiter les craintes liées, en particulier, à l’autorisation de paiement », Cupertino a tenu à préciser les moyens mis en oeuvre dans son écosystème pour protéger les jeunes consommateurs en particulier.

Au-delà des restrictions et contrôles parentaux rendus possibles sur iTunes et les iDevices, Apple précise : « au cours de la dernière année, nous nous sommes assurés que toutes les apps qui permettaient les achats intégrés étaient clairement identifiées. Nous avons également créé une catégorie enfants sur l’App Store avec un niveau de protection encore plus fort pour les apps destinées aux enfants âgés de moins de 13 ans ». Auprès de ces catégories enfants, s’ajoutent deux espaces dédiés aux parents : un guide d’utilisation et des informations complémentaires sur les achats intégrés…

 Dans la section Enfants de l’AppStore, un guide à l’usage des parents et des précisions sur les achats intégrésSection enfant Appstore avec guide utilisation parents et achats in-app

Dans sa déclaration, Apple ne manque pas non plus d’insister sur la fonction Partage familial (Family sharing) qui doit être inaugurée en septembre prochain avec iOS 8. Parmi les fonctions de ce dispositif, on retrouve un système d’alerte envoyée aux parents qui peuvent à distance, depuis leur propre iPhone, accepter ou refuser un achat de leur enfant.

Conclusion

Si Apple semble trainer des pieds, la firme n’en est pas moins engagée sur la voie d’une transparence et d’une sécurisation renforcée de l’AppStore. Une voie qui forcera sans doute Cupertino à modifier l’intitulé du bouton Gratuit des applications qui cachent des achats intégrés. Comme sur le Google Play, l’ajout d’un mail permettant au consommateur d’entrer en contact avec les développeurs d’application sera également bienvenu…